Les substances perfluoroalkyles et polyfluoroalkyles (PFAS) constituent une classe de milliers de composés synthétiques communément appelés « produits chimiques persistants ». Il est utilisé dans les revêtements antiadhésifs, les tissus imperméables, les mousses anti-incendie, les emballages alimentaires, les produits de nettoyage et les plastiques.

Ces substances ont des liaisons moléculaires extrêmement fortes, elles sont donc difficiles à briser dans la nature. La pollution par les PFAS est désormais détectée de plus en plus fréquemment dans l’eau, le sol et les tissus vivants, tandis que certains types de ces produits chimiques ont été associés au cancer, à l’obésité, à l’infertilité et aux déséquilibres hormonaux.

Certains types plus anciens de PFAS, tels que le PFOS, le PFOA et le PFHS, ont été progressivement éliminés à l’échelle mondiale dans le cadre de la Convention de Stockholm de 2001. Mais depuis lors, de nouveaux types de PFAS ont été introduits pour être utilisés dans de nouveaux domaines, tels que les centres de données IA.

L’auteur responsable de l’étude, le professeur Xiangwei Li, fait l’évaluation suivante :

« Nous avons montré que certains produits chimiques persistants, tels que le PFNA et le PFOSA, accélèrent le vieillissement biologique. Les hommes d’âge moyen semblent constituer le groupe le plus vulnérable. Ces résultats suggèrent que les alternatives aux PFAS de nouvelle génération ne présentent peut-être pas aussi peu de risques qu’on le pense et devraient être prises au sérieux en termes de leur impact environnemental. »

Comment s’est déroulée la recherche ?

Les chercheurs ont analysé les données de 326 adultes sélectionnés au hasard qui ont participé à l’enquête nationale américaine sur la santé et la nutrition (NHANES) en 1999-2000.

Des échantillons de sang ont été prélevés sur les participants et les taux sanguins de 11 PFAS différents ont été mesurés. En même temps, le méthylome de l’ADN a été examiné. Les participants ont également rempli des enquêtes contenant des informations sur leur mode de vie et socio-économiques.

En appliquant les données de méthylation de l’ADN à 12 algorithmes différents d’« horloge épigénétique », les chercheurs ont estimé l’âge biologique de chaque individu. Des études antérieures ont montré que des taux plus élevés de PFAS dans le sang peuvent être associés à un vieillissement biologique plus rapide.

Résultats

Le PFNA et le PFOSA ont été détectés dans le sang de 95 % des participants. Il a été observé que le taux de vieillissement épigénétique augmentait de manière significative à mesure que les niveaux de PFNA et de PFOSA augmentaient, en particulier chez les hommes âgés de 50 à 64 ans. Cette relation n’a pas été observée chez les femmes.

En revanche, aucune relation significative n’a été trouvée entre d’autres types de PFAS tels que l’EPAH, le MPAH, le PFHS, le PFOA et le PFOS et l’âge biologique.

Les chercheurs notent que l’effet des produits chimiques persistants sur le vieillissement varie selon le composé et que la réglementation ne devrait pas se limiter aux PFAS traditionnels, mais inclure également le PFNA et le PFOSA.

Pourquoi surtout les hommes d’âge moyen ?

Le premier auteur de l’étude est le Dr. Selon Ya-Qian Xu, l’âge mûr est une période pendant laquelle le corps devient plus sensible aux facteurs de stress liés au vieillissement. Cela peut conduire à une réponse biologique plus forte aux expositions chimiques.

Le professeur Li commente comme suit :

« Les indicateurs de vieillissement sont fortement influencés par des facteurs liés au mode de vie, notamment le tabagisme. Le fait que ces facteurs soient plus fréquents chez les hommes peut accroître les effets nocifs des polluants. »

Règlements et recommandations

La France a récemment interdit toute utilisation de PFAS dans les vêtements et les cosmétiques. Une interdiction similaire est envisagée pour certains domaines d’utilisation dans l’ensemble de l’Union européenne.

Les chercheurs proposent les suggestions suivantes pour réduire les risques au niveau individuel :

Réduire la consommation d’aliments emballés et ne pas réchauffer les emballages de restauration rapide au micro-ondes.

Li souligne également que l’interaction des PFAS avec d’autres polluants courants est également étudiée et que les risques cumulatifs pour la santé des mélanges chimiques doivent être compris.

A lire également